12/07/2012

Représentation théâtrale "Ma petite Monique": témoignages de spectateurs

MPM_Affiche_vierge.jpgDans l'idée de changer un peu notre quotidien au CEFIL-Lausanne et de rendre, pour un moment, la culture artistique accessible aux participants que nous accueillons, nous avons organisé une après-midi culturelle dans nos locaux, le 8 juin 2012, en collaboration avec Relais-Impulsion, la mesure TEMPO ainsi que l'association « ... et les 40 dragons ». Nous avons eu l'opportunité de recevoir une pièce de théâtre nomade ( jouée à domicile) intitulée «Ma petite Monique ». Cette pièce retrace le parcours d'une femme, Monique, âgée de 47 ans, repasseuse de profession et qui se trouve à un tournant de sa vie. Cette dernière souffre du départ de son fils, de sa vie de femme au foyer « modèle » et, son besoin d'indépendance et ses rêves de réalisations personnelles, sont de plus en plus prégnants. La pièce avait pour thème principal le droit au changement. Cette comédie sentimentale et humoristique, parfois dramatique, a permis à chaque spectateur de se plonger dans la vie de cette femme et de mener un processus de réflexion personnel riche et profond.

Les différents témoignages que nous vous proposons de découvrir font suite à cette représentation théâtrale. Les ressentis, les émotions et les avis émis par les participants sont issus d'entretiens, par la suite retranscrits.. Afin de préserver l'avis et la liberté d'expression de chacun, les témoignages ont été anonymisés.

 

 «  J'ai trouvé la pièce très intéressante pour les femmes et aussi pour les hommes car cela parle des problèmes de la vie quotidienne. Au début, c'est le mariage. Monique est une bonne ménagère, elle s'occupe de sa famille, de son travail. Mais cette vie est répétitive. Tout à coup, à 47 ans, Monique a un déclic et consulte son médecin. Il se révèle qu'elle est passée à côté de ce qu'elle veut pour elle-même ».

 

« Pour une femme il est plus difficile que pour un homme de concrétiser ses rêves. Nous les femmes, nous nous donnons entièrement à nos enfants et nous réalisons nos rêves à travers tout ce qu'ils entreprennent. Vient ensuite la question suivante : qu'es-ce que j'ai fait pour moi ? A la crise de la quarantaine, on réalise qu'on n'est peut-être pas si heureux que cela en ménage, que l'on n'a pas été attentif à soi et, tout à coup, on se réveille ».

 

«Cette journée a été pour moi le point de départ d'une nouvelle vie. »

 

« L'être humain a différentes visions sur la manière de se réaliser : études, beaux voyages, entreprendre quelque chose ou créer une entreprise, etc. Si l'on se trompe de voie, pourquoi pas ?! L'objectif que l'on se fixe n'est pas toujours accessible. Notre cerveau ne possède plus le même système d'apprentissage. Nous nous sommes tellement focalisées sur nos enfants que l'on a plus de difficultés à apprendre et se réaliser pour soi-même. Se concentrer sur ses enfants, sa famille avant tout signifie que l'on met sa carrière de femme de côté. Mais, on peut aussi faire quelque chose pour changer sa vie ; il faut beaucoup de patience et de persévérance pour atteindre son objectif ».

 

« Pendant toute la pièce, j'ai été pris en plein cœur. »

 

« Ma petite Monique » illustre la vie de toutes les femmes (des mères aux foyers en particulier). Aujourd'hui, c'est une autre génération et cela change car les femmes pensent désormais à leurs carrières et à leurs enfants. Avant, c'était la famille d'abord, maintenant, on peut penser à nous et, non, ce n'est jamais trop tard ! Même si la santé n'est pas bonne, on peut faire des projets. Cette pièce est un révélateur qui permet de réfléchir, de méditer et de porter un regard sur le passé. Parfois, le futur est difficile à imaginer, à atteindre (faculté d'apprendre l'informatique, découvrir le milieu technologique, par exemple). On n'est pas tous les mêmes ! « Ma petite Monique » réveille les consciences si l'on y prête vraiment attention. Cela ouvre la discussion pour les uns et les autres. A méditer pour chaque femme et chaque homme ! »

 

«  Moralement, cette pièce « pousse au crime ». J'aurai choisi un autre prétexte pour présenter le droit au changement, les femmes vont penser qu'elles peuvent quitter leur mari comme ça, sur un coup de tête. C'est un appel à quitter son mari ! Ne doit-on pas toujours tout faire dans un couple pour que cela fonctionne ? »

 

« Suite aux discussions que j'ai pu avoir avec les participants (...) il en ressort que la pièce a été amusante et qu'elle avait permis de faire une coupure dans le rythme habituel de la semaine.

Pour ceux qui ne l'ont pas appréciée, c'était dû au fait qu'il ne se sentaient pas concernés par les sujets abordés mais aussi dû à la thématique de l'adultère qui ne correspond pas à leurs valeurs morales et que cela a provoqué en eux, un sentiment de révolte face à l'attitude de Monique ».

 

« Alors cette pièce? Quand j'étais avec mon mari, je faisais du repassage chez moi toute la journée de 7h du matin à 16h 30 sans interruption.  Ensuite, je partais travailler à Chauderon chez C. pour être chez eux à 17h et j'y travaillais pendant 3h. J'avais aussi l'entreprise C.-J. le mardi dont je m'occupais et j'y retournai le vendredi pendant 2h. Tous les soirs, je faisais 1h chez J.L.D et samedi soir, je nettoyais à fond le salon pendant près de 3h. En plus j'avais quatre immeubles que je gérais pour deux gérances différentes. Vous pouvez constater que j'ai bossé comme une malade pour aider mon mari à rembourser les crédits qu'il nous a faits. Avec lui, j'ai tenu ma parole et je ne pense pas que j'ai été une mauvaise épouse. Mais, à la fin, je ne le supportais plus ; j'étais en état d'épuisement et je pense que si j'étais restée avec lui je ne serais plus là en ce moment. J''avais mes chiens dont je m'occupais comme je pouvais ; ils n'ont manqué de rien, ces chiens. J'obligeais mon mari à les sortir en forêt le soir quand j'étais à Chauderon car, des fois,  je rentrais le soir à 21h30. Je vous laisse imaginer mes journées ! Mais je ne regrette rien ! Je l'ai tellement aimé cet homme ! Mais, aujourd'hui, je ne referai plus jamais ça. Je me demande souvent comment j'ai tenu le coup, je ne pourrais plus le refaire maintenant. Je faisais beaucoup de dépression mais je ne me suis jamais arrêtée de travailler. Je voulais de toute mes forces que l'on s'en sortent mais ce c** a replongé une fois que les X fr étaient remboursés à la banque. Alors là, ça c'est gâté car j'ai refusé, à deux reprises, de le cautionner pour ses voitures en l'espace de 5 mois. Là, il m'a mise à la porte de l'appartement est il a changé la serrure. J'ai appelé la gérance et mon gérant m'a mise dans un appartement et ma donné aussi la conciergerie.  Voilà ce que j'ai vécu ce qui explique la réaction que j'ai faite à la pièce de théâtre[2]. Enfin, j'aimerais juste dire que, dans la pièce, mon histoire n'a fait que rebondir ! »

 

« Cette pièce suscite chez moi un certain nombre d'interrogations: es-ce que les femmes occidentales se posent les mêmes questions que Monique ? Qu'attendent-elles véritablement des hommes ? L'homme est censé travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. L'amour et la tendresse ne sont-ils pas les véritables besoins de chacun et chacune ? 

Dans cette pièce, il y a pour moi trop de non-dits et il manque une analyse exhaustive de ces non-dits. J'aurai souhaité que ces non-dits soient mieux exposé pour comprendre les souffrances qui ont motivé cette femme. Quelles sont les raisons fondamentales ?

La femme mariée se pose la question de savoir si elle peut encore séduire. Monique avait envie de voir ailleurs. Ce qui semble être la raison évoquée mais est-elle suffisante ? Lorsque l'on n'est pas satisfait de son partenaire, il faut dialoguer pour arriver à quelque chose. L'être humain recherche toujours la satisfaction. Mais, dans ce monde, la satisfaction n'existe pas. En Afrique comme en occident, l'infidélité fait mal. Le dilemme auquel Monique est confronté est de quitter son mari pour s'engager ailleurs : c'est un adultère confirmé caractérisé par la relation sexuelle.

Pour moi, nouveau marié, cela me fait peur. Il existe une grande différence entre l'Europe (où la liberté de choix à ce propos existe (accepter, refuser une relation) contrairement à l'Afrique où se sujet reste tabou. Un mariage engage les deux familles, pour le meilleur comme pour le pire. On se marie donc avec toute la famille de son conjoint. Il existe une véritable notion de moralité. Les visions sont différentes mais les valeurs restent universelles. L'adultère est condamnable sur le plan moral car souvent cela signifie avoir quelqu'un à ses côté « juste pour le sexe ». Avant d'opérer des choix, il faut prendre le temps de réfléchir. Il faut toujours dialoguer, c'est une question de morale que de ne pas rompre. La vie change et nous ne sommes pas les mêmes qu'il y a 10 ou 15 ans.

Toute personne a le droit de vivre et de rêver ! Comme le dit Erik Fuschen : «  le besoin est considéré comme une force constructive qui s'empreint de ce que juge sa satisfaction et ne l'apaise qu'en trouvant l'objet, la chose qu'il assimile ». Une personne équilibrée n'est pas une personne de besoin et de désir ; il peut y avoir de fâcheuses conséquences.

Nous sommes tous entrain de chercher la vérité mais sa définition reste provisoire. Le plus important est de ne pas léser les uns et de ne pas blesser les autres. Il faut tout le temps se remettre en question ! »

 

« Le thème de cette pièce m'a énormément touché ; comment sortir de la routine et se préparer au changement ? Cela m'a beaucoup parlé ! Je suis d'un naturel plutôt timide et j'ai horreur de sortir de la routine. Ceci m'a donc profondément interpelé car il faut accepter de changer et de s'exprimer pour être libre. Il faut oser !  Même si on ressent souvent une certaine peur à l'idée de changer ! En définitive, j'ai trouvé cette pièce touchante, émouvante et très bien interprétée ».

 

 

 «  J'ai beaucoup apprécié cette pièce ! J'ai toujours aimé l'art et le théâtre mais n'ai pu voir une pièce depuis plusieurs années. Avant la représentation, j'étais curieuse de savoir comment ça allait se passer car l'actrice était seule sur scène et dans un espace réduit. J'ai apprécié cette pièce car j'étais vraiment dedans, j'imaginais la pièce plus grande, comme si j'étais derrière un écran de cinéma. J'avais envie de rester plus longtemps lors de la discussion car j'ai eu beaucoup de plaisir pendant ce moment. En y repensant, ce moment a été très riche pour moi !

Par la suite, j'ai beaucoup réfléchi ; j'ai regardé les situations de vie dans mon entourage et j'ai constaté que c'est souvent comme cela que ça se passe. On ne pense pas à toutes ces personnes qui, a un moment ou un autre de leur parcours, peuvent ou veulent changer ; rien n'est impossible !

Je suis personnellement dans une année de grands changements et cette pièce a eu beaucoup d'importance pour moi dans cette période de ma vie. Il faut penser au futur et laisser les remords du passé derrière soi ; autrement dit, il faut tourner la page. C'est pour moi un nouveau soleil qui se lève, une nouvelle journée pleine de promesses où tout reste possible. Chaque personne a droit au changement sans que l'on puisse porter un jugement ! »

 

«  Je n'avais encore jamais vu de pièce de théâtre de toute ma vie. Je n'ai pas tout de suite saisi ce qu'il se passait mais, dès le milieu de la représentation, j'ai peu à peu compris la pièce. J'ai eu le sentiment que l'espace dans lequel nous étions était plus grand et qu'il y régnait une toute autre atmosphère. C'était superbe ! Le sujet ne m'a pas vraiment touché mais le jeu de l'actrice était très fort ; elle était merveilleuse et j'aimerais la revoir.  J'ai beaucoup apprécié les séquences vidéos dans lesquelles je me suis reconnu. Le travail de coulisse, fournis par les deux autres personnes, ne se voit pas mais est absolument génial ; elles devraient continuer à travailler ensemble ! 

Grâce à cette représentation, j'ai compris ce qu'était le théâtre et ce fût un pur bonheur ! »

 

 

Nous tenons à remercier sincèrement toutes les personnes qui ont pris le temps de témoigner, de se dévoiler et qui nous ont fait confiance pour retranscrire leurs propos. Nous leur souhaitons à toutes et tous une très belle continuation dans leurs projets personnels.

 

Anna, pour l'équipe du CEFIL-Lausanne

 

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